Nouveaux programmes

Tous les lycéens actuels le savent, les programmes viennent de changer au lycée, et il y a quelques semaines, bon nombre d’élèves ont expérimenté le Bac nouvelle formule.

1) Une réforme, quelle réforme ?

Au lycée, on note plusieurs grosses nouveautés :

  • une nouvelle série technologique : la STI2D
  • de nouvelles options dans presque toutes les filières
  • de nouveaux programmes, invitant les élèves à découvrir (mais malheureusement peu approfondir) plein de nouvelles notions jusqu’ici réservées à certaines filières ou aux classes post-Bac… et ce parfois au détriment d’autres notions qui paraissaient fondamentales.

Mais cette réforme qui s’est initiée il y a maintenant 7 ans avec les nouveaux programmes du collège ne s’arrête pas à la barrière du Bac et vient modifier également les programmes de toutes les classes préparatoires, qu’elles soient scientifiques, technologiques ou bio (MPSI, PCSI, PTSI, TSI, BCPST, TB), commerciales (ECE, ECS, ECT), ou même littéraires (HypoKhâgne).

Autrement dit, c’est près de 40.000 élèves qui étaient cette année en Terminale et qui viennent de passer leur Bac qui sont concernés par cette réforme, soit plus de 12% des 330.000 élèves environ dans les séries générales.
C’est un grand changement car la dernière réforme ayant modifié les CPGE (classes préparatoires aux Grandes Écoles) date de 1995 (avec une petite modification en 2002).

2) Qu’est-ce qui change ?

Dans la forme, pratiquement rien ne change : pas de nouvelles filières, pas de nouveaux modes d’accès, même volumes horaires (ou presque, nous verrons plus loin).
Le seul petit changement réside dans l’organisation censée se baser sur 2 semestres au lieu de 3 trimestres (pour ressembler à la fac !). Le hic, c’est que le choix des options dans les filières se fait à la fin du mois de décembre, au milieu du 1er semestre… ce qui n’est pas du tout pratique pour l’organisation, et ne semble pas avoir été prévu ! En pratique, je doute que les choses changent vraiment de ce point de vue.

Dans le fond, beaucoup de choses changent ! Les programmes, en premier lieu, ont été revisités dans presque toutes les filières.

Je vais essentiellement vous parler ici des programmes des 1ères années des filières scientifiques, à savoir les MPSI et PCSI, et dans une moindre mesure, des PTSI et des TSI.
Je parlerai beaucoup des Maths (c’est mon domaine), de l’informatique (la grosse nouveauté de la réforme) et un peu des autres matières aussi.

a. L’informatique pour tous

Le nouveau programme d’informatique pour tous est assez étoffé. Il occupera 1h de cours et 1h de TD par semaine pour tous les élèves de Math Sup, à opposer aux 2h de TD tous les 15 jours qu’il y avait auparavant. En Math Spé, il y aura seulement 2h de TD par semaine pendant 1 semestre.

On peut résumer le programme en 4 grandes parties :

  • une partie théorique sur l’aspect matériel et l’architecture,
  • une partie algorithmique,
  • une partie ingénierie et simulations numériques,
  • une partie utilisation de bases de données.

La partie Matériel et architecture évoquera le fonctionnement d’un ordinateur, le codage des nombres et les limitations dues à ce codage.

La partie Algorithmique est plus intéressante.

L’objectif est de compléter ce qui a été vu au lycée et d’aborder des algorithmes plus élaborés, tout en prouvant que lesdits algorithmes fonctionnent.

Le langage retenu pour cette partie algorithmie est le Python.
Son gros point positif (du point de vue du prof) est l’indentation comme syntaxe : pour marquer le début ou la fin d’un bloc, on est obligé d’indenter !
Il est à la fois fonctionnel et orienté objet, ce qui permet différents types d’approches pour un même problème.

Les algorithmes simples qui sont exigés en 1ère année (dichotomie, recherche dans un tableau, calcul de moyenne, de variance, intégration par méthode des rectangles) préparent les exercices plus évolués vus en seconde année (algorithmes de tri, cryptographie, traitement d’image, POO, etc…)

La 3ème partie, Simulation numérique, utilisera plutôt le logiciel SciLab (même s’il est possible aussi d’utiliser la bibliothèque NumPy/SciPy). Son but est la modélisation et la représentation (numérique ou graphique) de problèmes issus des autres matières (Maths, Physique, SI, entre autres).

Enfin la dernière partie, Utilisation de bases de données, demande juste de savoir utiliser des bases de données dans un environnement graphique. Nulle connaissance en SQL n’est au programme.

b. Les Maths

Le GRAND changement au niveau du programme de maths est l’enseignement des probabilités qui avait depuis toujours été mis de côté des programmes de Math Sup/Spé. C’est une grosse nouveauté… malheureusement un peu décevante. En effet, on n’abordera que les probabilités discrètes, en univers fini. On ne mettra même pas à profit les heures passées en Terminale avec la loi normale notamment… puisque celle-ci s’applique à un univers infini.

Pour se permettre d’ajouter ces probabilités, il a fallu retirer des anciens programmes un certain nombre de notions, pourtant souvent utiles à la physique. En vrac, disparaissent des programmes :

  • les courbes paramétrées et polaires (sympa, pour la cinématique)
  • les coniques (sympa, pour les forces centrales)
  • toute la géométrie du plan et de l’espace (en particulier le produit vectoriel, qui ne sera vu qu’en Physique et en SI)
  • les fonctions de plusieurs variables et le calcul différentiel (sympa, pour la thermodynamique)
  • les intégrales multiples (sympa, pour l’électromagnétisme et pas mal d’autres choses)
  • la géométrie affine

Tout cela laisse un peu de place supplémentaire et du coup les séries numériques, qui étaient enseignées en Spé depuis 1995, reviennent au programme de Sup…. mais seulement celles à termes réels positifs (alors qu’il aurait été tout aussi simple d’aborder les séries quelconques à valeurs dans C, d’après moi).

L’organisation de l’année change également, à cause du passage de 3 trimestres à 2 semestres. Certaines notions pratiques doivent notamment être abordées durant le 1er semestre AVANT les notions théoriques sous-jacentes, abordées seulement au 2ème semestre.
En particulier, les techniques calculatoires sur les matrices et résolution de systèmes linéaires (maintenant au programme de Terminale Spé Maths, au moins pour les matrices 2×2) seront abordées au 1er semestre avant toute l’algèbre linéaire abordée seulement à partir de février environ.
De même, le calcul intégral, réduit à peau de chagrin dans le programme actuel de Terminale, sera abordé lui aussi au 1er semestre, avant la théorie de l’intégration de Riemann, vue au milieu du 2nd semestre.

Enfin, de nombreuses fois, le programme officiel somme d’utiliser l’outil informatique dans des séances pratiques, pour faire le lien avec d’autres matières, notamment pour de la simulation numérique en proba, pour du calcul approché de sommes ou d’intégrales, ou pour la recherche de solutions d’équations.

c. La Physique, la SI et la Chimie

Les programmes de Physique, de SI et de Chimie ont également dû s’adapter aux nombreux changements de la Terminale… et des maths en Sup.

Bon nombre de notions auparavant vues en Maths ne seront plus vues qu’en Physique, ou en SI…

Certaines nouvelles notions apparaissent au programme de Physique, ainsi qu’en SI (moins de changements en Chimie), mais c’est surtout la forme qui va évoluer pour aborder les choses d’un point de vue plus pratique et plus transversal.

Je n’en dirai pas plus à ce sujet… par peur de tomber dans des clichés sans savoir réellement ce qu’il en est.

3) Et maintenant ?

Je conclurais en disant tout de même que ces nouveaux programmes sont fort intéressants (même s’ils pourraient sans doute être améliorés sur bien des aspects) et devraient convenir à toux ceux qui s’intéressent aux classes prépas.
De toute façon, il ne faudra pas moins de motivation et de travail qu’auparavant pour réussir dans cette filière, alors à tous ceux qui sont concernés, je souhaite :

Bon courage pour cette future année !

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